Église templière de Marcenais

Marcenais, vue panoramique

Visite guidée

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L'église vers 1900 L'église Notre-Dame de Marcenais, inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques, a probablement été érigée vers la fin du 12ème siècle (1170). Elle est bâtie simplement et solidement au cœur du village sur un mamelon qui surplombe un petit cours d'eau, le Queyrion. Bien que modeste, elle est attachante par son histoire d'église templière tardivement fortifiée. Les plus anciens documents retrouvés remontent, l'un à l'an 1232 où Guillaume Erra, chevalier de Bourg fit don du Moulin de Peyrat (aujourd'hui Moulin de Charlot) avec d'autres biens à la Maison du Temple de Marcenais, et l'autre à 1250 où Helies de la Villegorie fait don à cette même Maison du Temple du moulin Vieïlh de la Saye dont ne subsistent que quelques ruines.

L'église L'édifice que nous voyons aujourd'hui garde intactes les traces de son architecture templière. Il faisait alors partie d'une Commanderie principale qui semble avoir eu un certain rayonnement, et clôturait au sud un ensemble de forme rectangulaire comportant une cour autour de laquelle s'articulaient le logement du Commandeur (à l'emplacement actuel de La Poste), le dortoir et le réfectoire des frères, les granges, les écuries, les celliers, les ateliers… En effet la majorité des Commanderies du Sud-ouest étaient des établissements agricoles qui fournissaient à leur ordre de solides revenus, et assuraient aux pélerins sur le chemin de St Jacques accueil et réconfort. Seule la chapelle témoigne encore de cette période, mais au 17ème siècle "on y voyait encore le lieu où étaientt les prisons dans le château et de vieilles murailles fortes et de bonnes pierres de taille et un petit jardin entouré de fossés avec une petite fontaine à l'intérieur…." et son histoire peut se lire dans les trois périodes majeures de son architecture.

L'église La fondation templière est caractérisée par un plan oblong (21 mètres de long sur 6,30 mètres de large) élevé sur de larges murs de 1,40 mètre, couverts d'une épaisse voûte en berceau brisé, fermé à l'est par un chevet plat simplement éclairé par trois étroites baies verticales. Les nombreux corbeaux des murs gouttereaux montrent, quant à eux, le rattachement de l'église à des bâtiments hospitaliers périphériques aujourd'hui disparus.
Les Hospitaliers, qui succèdent aux Templiers en 1315, fortifient l'église probablement dès le 16ème siècle et au début du 17ème. Les échauguettes qui la flanquent désormais au sud-ouest et au sud-est modifient fortement son aspect et lui confèrent son originalité : " le chemin de ronde les reliant pouvait, dit-on, rassembler une centaine d'hommes…" L'édifice se développe ensuite dans la seconde moitié du 17ème par la construction d'un "ballet" ou avant-porche protégeant le porche roman. On y installe plus tard les fonts baptismaux sous la protection de St Jean Baptiste. Le chevet à l'est est prolongé par une petite sacristie.
La période moderne, du 18ème siècle à nos jours, voit peu de transformations de l'édifice. La campagne de travaux engagée en 1869 est peut-être à l'origine de la nouvelle forme de toiture "à faible pente". La qualité médiocre de la maçonnerie rehaussée au-dessus de la ligne de modillons pourrait conforter cette hypothèse.

Plan de l'église templière

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L'église Commençons notre visite par l'extérieur.
Les échauguettes d'angle ouest et est (1) confèrent à l'église de Marcenais son originalité : les mâchicoulis dont leur sol est percé permettaient à la fois de surveiller le bas des murailles et de laisser tomber des projectiles (ou mâche-col destiné à casser le cou de l'assaillant)… Mais point de trace du chemin de ronde qui les reliait et pouvait, dit-on, rassembler une centaine d'hommes.

Le clocher Le clocher-mur s'élève au-dessus du porche roman aujourd'hui protégé par le ballet. Il abrite deux cloches refondues au 19ème : la plus grosse dédiée à la Vierge Marie, patronne de Marcenais, pèse 250 kg, la petite qui porte le nom de Marie-Louise 178 kg. On y découvre également trois modillons de facture soignée : deux visages encadrant une tête de bélier. De facture romane, il est cependant difficile de les dater, de même que les deux modillons du mur gouttereau nord qui ne semblent pas dans la tradition templière. [ Revoir le plan Revoir le plan ]

Le mur gouttereau Le mur gouttereau "sud" (2) monte jusqu'à la corniche de modillons très simples sur laquelle s'appuyait un toit très pentu. En son milieu un large contrefort plat. Noter l'absence totale d'ouverture dans ce mur, hormis la petite porte latérale, créée ou remaniée en 1744, témoignant de l'aspect défensif qui ne laissait aucune possibilité d'intrusion. Sur les robustes "corbeaux" ne devaient prendre appui que des bâtiments de servitudes plus légers pour l'abri des pèlerins. En sortant du cimetière on aperçoit un "mur gabaye" probablement construit au 16ème siècle avec des vestiges de l'ancienne Commanderie. [ Revoir le plan Revoir le plan ]

Le chevet Le chevet plat orienté vers l'est (3), surmonté d'une croix templière en pierre, percé d'un triplet, constitue, avec la longue fenêtre ogivale de la façade, le seul éclairage de la nef. Sous le triplet, les vestiges de la sacristie 17ème récemment remis en valeur. L'échauguette au nord-est, plus modeste que la précédente, est de facture soignée. [ Revoir le plan Revoir le plan ]
La sacristie 19ème (4) présente peu d'intérêt sur le plan architectural. Dans le mur gouttereau nord sur lequel elle vient s'appuyer, on aperçoit une porte murée qui permettait d'accéder directement à la chapelle depuis les bâtiments conventuels. Remarquer la corniche de modillons simples et, en avançant vers l'ouest, les modillons sculptés de motifs végétaux, de chevrons et de têtes d'animaux "fabuleux".
Nous nous retrouvons devant l'église. Pour y entrer il faut descendre quelques marches. Le sol d'origine était vraisemblablement plus bas, et il y a sans doute eu adaptation à un sanctuaire antérieur. [ Revoir le plan Revoir le plan ]

Les fonds baptismaux Le ballet abrite à gauche les fonts baptismaux (5) installés au 17ème siècle et restaurés au 19ème. [ Revoir le plan Revoir le plan ]
On s'attardera sur le très beau portail roman (6), ses colonnes et leurs chapiteaux ornés de feuillages. La découverte en 2005 par l'association de sauvegarde de l'église, de traces de peintures sur les murs de ce porche, a permis le dégagement début 2009 d'un important décor médiéval qui n'a pas encore livré tous ses secrets mais dont l'intérêt archéologique est incontestable. [ Revoir le plan Revoir le plan ]

La nef En pénétrant dans le sanctuaire, on remarque sur la droite l'emplacement d'un enfeu (7) qui recouvrait probablement un ossuaire. En avançant vers le milieu de la nef, on peut admirer la pureté de la voûte en berceau brisé qui s'élève à 14 mètres de haut. On pourra aussi apprécier l'épaisseur des murs au niveau de la porte latérale ouvrant sur le cimetière. Remarquer également les arcs formerets du chœur et de la tribune édifiée en 1872, et la longue fenêtre de la façade. [ Revoir le plan Revoir le plan ]
L'accès à la chaire octogonale (8) 19ème est creusé dans l'épaisseur du mur. Elle a été réalisée en même temps que l'autel en marbre surmonté d'un dais à pinacle abritant la statue en pierre de la Vierge Templière (9). [ Revoir le plan Revoir le plan ]


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